7 mars 2016

La mort, force créative Pendant l’écriture de son film L’Arbre, Julie Bertuccelli perd son mari et se retrouve seule avec ses deux enfants.

Pendant l’écriture de son film L’Arbre, Julie Bertuccelli perd son mari et se retrouve seule avec ses deux enfants.

La réalisatrice s’inspire de ce drame personnel pour brosser le portrait d’une veuve et de ses quatre enfants : une histoire de deuil dans une famille, chacun suivant une trajectoire différente.

Dans son film, comme dans sa vie, l’irrépressible pulsion de vie domine et l’emporte sur la tristesse.

 

TRANSCRIPTION TEXTUELLE VIDÉO JULIE BERTUCCELLI

 Plan sur Julie Bertuccelli, réalisatrice

Je trouve ça hyper important qu'il y ait des associations et des fondations qui s'occupent de l'orphelinage parce que c'est vrai que c'est un thème dont on parle peu.

De toute façon, on devient par principe tous orphelins, ça dépend à quel âge, ça peut être 2 ans comme 50 ans, 60 ans.

Donc, je trouvais que c'était un sujet qui me touchait de traiter. Il se trouve que pendant que j'écrivais, mon mari est mort et là, tout d'un coup, j'ai réalisé que ça ne devait pas être pour rien que ce sujet m'avait touché et que bon, j'avais à faire ce film et que ça prenait un sens différent pour moi.

Non seulement, j'allais moi nourrir le film, malgré tout, aussi, de tout ce que j'avais traversé mais le film allait aussi m'aider parce que du coup, j'allais pouvoir en faire quelque chose de cette douleur et en parler. Et voilà, le transformer en une œuvre et donc ça c'était quand même quelque chose d'assez finalement joyeux et constructif et qui allait m'aider à vivre aussi et qui allait aussi aider dans ma famille, mes enfants.

Il y a tellement de choses auxquelles on est confronté quand on perd un parent, un enfant, un conjoint, pour mes enfants, un père. On ne peut pas... C'est pas quelque chose qu'on peut imaginer en fait, auquel on pense vraiment. Quand on le pense, c'est très abstrait.

Mes enfants, à la mort de leur père, ils étaient petits mais à différentes époques de leur vie jusqu'à l'adolescence, et je sais bien jusqu'à ce qu'ils soient grands, quand ils auront des enfants, ça sera toujours quelque chose qui va les façonner, les questionner et régulièrement les remettre en question et ils vont avoir encore besoin, toujours de retravailler autour de cette question et de revenir là-dessus.

Donc, des associations, des fondations, c'est important parce qu'ils ont des clés quand même à nous donner, ils ont des expériences à faire transmettre, ils ont un peu des méthodes intéressantes, intelligentes pour faire sortir la parole, pour dénouer les tensions, pour faire réaliser aux personnes autour à quel point au contraire, il faut parler de la mort, il faut être là au moment de l'enterrement, il faut voir le corps mort si c'est possible, il faut faire parler les enfants, mais par des biais qui ne sont pas obligatoirement... Ça peut être un psychologue évidemment, mais ça peut être aussi des dessins, des groupes de parole entre enfants.

Et une manière très concrète de donner des petites clés au quotidien. Et aussi pour aider les parents concrètement à trouver leur voie parce que je pense, en même temps, qu'il n'y a pas une bonne voie, il n'y a pas une manière de faire son deuil.

L'important c'est de faire ce chemin et de trouver sa manière et donc la variété des associations qui travaillent là-dessus offre, j'imagine, beaucoup de voies différentes. Et, c'est important.

Fin de la vidéo